Financement : La prise de risque en débat…
Capital Initiative engage un bras de fer pour tenter de sauver une PME.
Viable ? Pas viable ? En tout cas, Capital Initiative se mobilise pour sauver une petite entreprise haut-rhinoise de chauffage-climatisation de 20 personnes.
Pour cela, elle vient d’engager un bras de fer avec deux banques de la place.
Les banques insensibles aux déboires des petites entreprises ? Non, ne cédons pas au populisme ambiant et, au demeurant, tellement facile. L’affaire tient simplement à une différence d’appréciation du risque. Le banquier travaillant, selon l’expression consacrée, avec « l’argent des autres », donc celui des épargnants, ils sont fort justement astreints à la prudence, donc à une maîtrise et à une gestion très professionnelle du risque inhérent à toute activité économique.
Les faits sont simples.
«La médiation du crédit n’a pas abouti»
Depuis la maladie de son époux, Madame Y âgée de 53 ans dirige l’entreprise familiale créée en 1947 et qui compte aujourd’hui 21 salariés. Elle réalise quelque trois millions de chiffre d’affaires.
Son problème ? Pour Capital Initiative, il tient en quelques mots : « Positionnée sur des marchés publics, la société est confrontée à des délais de paiement très longs ». De plus, la situation s’est aggravée avec la crise : découvert bancaire, besoins financiers de l’ordre de 300000 euros pour éviter la faillite…
L’ennui, c’est que de tergiversations en hésitations le dossier s’est enlisé, les mois ont passé et le recours au médiateur du crédit est resté sans suite, selon Capital Initiative.
Et c’est là, tout récemment, que ce fonds présidé par l’expert-comptable René Hans, est entré en scène, enfilant sa tenue de pompier. Rappelons que ce fonds de solidarité pour les TPE/PME a été créé à Bollwiller et son rayon d’action dépasse aujourd’hui la ligne bleue des Vosges.
Selon une pratique désormais bien rôdée, il propose de racheter les bâtiments d’une valeur de 330 000 euros et de les louer à la société pour qu’elle puisse continuer son activité et ainsi reconstituer sa trésorerie.
Course contre la montre
À une condition toutefois, non remplie à ce jour, que les deux banques de la société financent Capital Initiative pour le rachat des bâtiments et transfèrent ainsi, de facto, le risque sur elle, avec en garantie une hypothèque sur le bien racheté.
La formule paraît séduisante et le projet a fait l’objet d’un examen attentif. Sauf que les banques considèrent que cela ne suffira pas pour sortir la PME de l’ornière et assurer sa pérennité.
Aujourd’hui, faute de solution rapide, la dirigeante de l’entreprise affirme qu’elle va devoir mettre la clé sous la porte. « Plusieurs hypothèses restent à l’étude pour restructurer la dette », rassure toutefois l’un des banquiers, tout en regrettant qu’il y ait eu au départ un « défaut de transparence ».
Bref, rien n’est perdu. Mais cette histoire illustre aussi qu’il vaut toujours mieux, pour une entreprise, ouvrir ses comptes à temps, en débattre sereinement avec son expert-comptable et ses banquiers. Et -surtout- ne jamais laisser pourrir une situation. Mieux vaut prévenir que (au mieux) guérir, voire disparaître.
Par Chr.L., publié le 27/01/2012
Voir l'article sur le site des DNA

















