Guy Leclerc : un commerçant devenu distributeur

Guy Leclerc gérant IntersportCapital Initiative revient sur la carrière de Guy Leclerc, l’un des 30 entrepreneurs :

Guy Leclerc naît dans les Vosges en 1942. À 14 ans, il quitte l’école et cherche sa voie.

« Mon père souhaitait que je sois gendarme, ma mère électricien et mon oncle me voyait dans la ferronnerie. Heureusement, pour devenir gendarme, il me manquait un centimètre. »

Son père ne se dédit pas et espère faire de lui un garde forestier. Si Guy ne sait pas ce qu’il veut faire, il sait ce qu’il ne veut pas faire. Il sera apprenti chez un marchand de machines agricoles et obtient son brevet de technicien ajusteur/fraiseur. Il entre alors chez Peugeot à Sochaux, où il travaille à la chaîne durant six mois. Il est ensuite chargé de la mise en place des toits ouvrants de la 404 et devient pour finir contrôleur de la presse. Premier job, premier contact avec le syndicalisme :

« Un délégué CGT m’explique qu’en travaillant sur cette machine, je privais sept camarades de travail. Je n’ai fait qu’obéir et je deviens coupable malgré moi, sans comprendre. »

À 19 ans et demi, il est appelé au service militaire. Il fait ses classes dans le génie à Metz. Puis, vient une formation complémentaire : tester la résistance des matériels à la bombe atomique. Deux de ses frères d’armes perdront la vie au cours d’une mission de ce type. Retour à la vie civile, retour chez Peugeot.

« En 1963, je change de trajectoire. Je reprends mon premier magasin à Danjoutin dans le Territoire de Belfort. J’avais le sens du commerce, le sens de l’entreprise, je voulais être mon propre chef. Le chiffre d’affaires décolle. En 1964, je reprends un autre magasin. »

Celui-ci est tenu par un couple exemplaire et pourtant le chiffre d’affaires plafonne. Un an après son arrivée, les chiffres s’envolent. En 1965, l’ambition aidant, il ouvre une supérette. Après deux ans, il brigue un supermarché. La Coop refuse en raison de son âge. Il n’a que 23 ans. Il quitte la Coop, retourne dans les Vosges, où il reprend deux supermarchés du groupe Disco, en 1967. Il est nommé directeur du secteur Est avec sept points de vente. Le groupe Promodes souhaite le débaucher.

« Mon supérieur refuse ma démission et me propose un accord : faire partie d’un groupe indépendant en reprenant un hypermarché. »

Le pari est pris : il crée 21 magasins de Nantes à Perpignan, sous l’enseigne L’Escale, franchise d’Euromarché.

« En 1984, je décide de devenir mon propre patron. Mon choix se porte de toute évidence sur un commerce alimentaire de périphérie. Parallèlement, mon épouse s’intéresse à un magasin de sport en centre-ville. Je compare les résultats. Sans hésitation, ma décision est prise. Je sentais qu’il y aurait du changement dans la branche. Décathlon arrivait sur le marché. Le moment était opportun. »

« Je rachète un magasin du centre-ville d’Albertville et rapidement, les résultats sont au rendez-vous. Je développe un magasin en périphérie, créant ainsi les premiers Intersport. Je rachète encore deux autres magasins à Chalon-sur-Saône. En 1995, je prends la présidence du groupe Intersport. Puis j’« intersportise » le réseau : j’administre Intersport International présent dans 63 pays dont le siège est à Berne. Passer de commerçant à distributeur a fait de nous des entrepreneurs.  Je quitte la présidence du groupement français. Je prends alors la présidence du commerce associé : un groupement de 120 enseignes. Je ne travaille pas, je m’amuse, et j’ai encore envie de m’amuser un peu. »

Deux de ses fils suivent sa voie. « Il y a deux ans, ils travaillaient avec moi. Aujourd’hui, c’est moi qui travaille avec eux. Ils gèrent les 20 points de vente de la famille. »

« C’est un métier très prenant, intéressant, avec de multiples facettes, on ne s’ennuie jamais. Mon épouse, Christiane, a toujours accepté de me suivre, je lui dois beaucoup. Ma plus belle récompense est que mes enfants soient là pour reprendre. Ils ont pris l’engagement que le groupe resterait familial, j’en suis fier. »

Un autre de ses fils est entrepreneur immobilier et sa fille est à la direction de l’hôpital ambulatoire de La Roche-sur-Yon. Pour Guy Leclerc, le chef d’entreprise doit être exemplaire : être exigeant avec lui-même.

« Je me suis donné un but : essayer de promouvoir le métier d’entrepreneur et donner envie d’entreprendre. Les PME ont une réactivité que n’ont pas les grands groupes. Les PME sont des machines à emplois, pas des machines à cash. Elles savent réagir, s’adapter, anticiper. » Une dernière préconisation aux futurs patrons : « Entourez-vous de bons conseillers. »

corporate.intersport.fr

Extrait du livre « 30 parcours d’entrepreneurs » – Cécile Hans